LE CONTEXTE  SOCIAL  AU XIX ÈME SIÈCLE

  •    Droits de la femme:

    A cette époque, la femme est légalement dépendante d’abord de son père puis de son mari.  Elle ne peut ni signer de contrat ni acheter de bien sans l’accord préalable de son époux.  De plus, le paiement d’une dot lors du mariage se résume  tout simplement à un transfert de fond entre le père de la mariée et son gendre.
 En cas de veuvage, un conseil de famille est automatiquement établi afin de  contrôler les  décisions, d’ordre contractuel, prises par la veuve et peut ainsi les annuler librement.  De plus, en cas de remariage,  le conseil de famille se réserve le droit de  retirer les enfants de la mère légalement s’il désapprouve l’union contractée.  Face à ces injustices,  de nombreuses femmes se révoltèrent, dont deux écrivaines, George Sand et la Comtesse de Ségur qui utilisèrent leurs plumes pour exprimer leur colère.
  1. George Sand:
    Robert Wernick dans un article intitulé “ A woman writ large in our history and hearts”, nous décrit la vie de la baronnesse Aurore Dudevant qui deviendra plus tard connue sous le nom de George Sand.  Contemporaine de la Comtesse  de Ségur, George Sand se révolta contre l’autorité de son mari et déclara qu’elle voulait aller à Paris pour s’établir en tant qu’auteur.  Bien qu’elle soit propriétaire de ses biens et de son argent par la donation d’une de ses grand-mères, elle dût convaincre son mari de la laisser partir et de lui octroyer une petite bourse car, étant  femme, elle  n’avait  pas légalement la capacité ni l’autorisation de gérer ses propres biens. Elle eut dans cette entreprise le succès qu’on sait.


      2.  La Comtesse de Ségur:  

    Ayant épousé un aristocrate français noble mais pauvre, Sophie de Ségur ne profita guère de sa richesse.  Eugène se contenta de lui verser une bourse pour l’entretien du château acheté d’ailleurs par Fédéor Rostopchine pour sa fille.  Toute sa vie, Sophie de Ségur devra être économe et faire face à de constants ennuis financiers. 
Grâce à ses romans, elle pût néanmoins se montrer généreuse envers ses enfants, petits-enfants et envers les pauvres.
Comme le souligne Ghislain de Diesbach dans une biographie intitulée  La Comtesse de Ségur, à partir du mois de mai 1859, le Comte de Ségur autorisa sa femme à toucher elle-même le produit de ses livres de la maison de presse Hachette alors qu’en principe la loi de l’époque n’accordait pas aux femmes mariées la libre disposition de leurs gains comme nous venons de le souligner plus haut. Grâce à ces droits d’auteur et à son émancipation, la Comtesse put enfin régner sur son petit monde au château des Nouettes situé en Normandie. 

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